Essai de la Ducati Scrambler Classic 803 cc : un bon gros jouet !

Essai de la Ducati Scrambler Classic 803 cc : un bon gros jouet !

Départementales, ville, autoroute, duo à vitesse légale, solo à fond… Bilan et impressions après un test complet de la Ducati Scrambler Classic 803 cc.

Dès sa sortie, j’ai été curieux au sujet du nouveau scrambler venu d’Italie, et c’est notre rasso du mois dernier qui a été pour moi enfin l’occasion de l’essayer, grâce au concours et à la sympathie de DesmoLand Lille, concession Ducati.

Si le look n’est pas celui que j’affectionne habituellement, cette machine n’ayant absolument rien de rétro, je trouve qu’on a affaire esthétiquement à quelque chose de plutôt cohérent, une moto qui ne cherche pas à tromper son monde en prenant des airs faussement vintage. Même dans sa version Classic ici testée, avec ses logos à l’ancienne, ses garde-boue en alu et ses jantes à rayons, son réservoir à la couleur de l’époque et sa selle en cuir marron, la Ducati Scrambler 803 cc est clairement plus un hommage, une évocation, qu’une replica du fameux mono sorti dans les années 60. On aime ou on aime pas l’accastillage et les périphériques pour le moins modernes, mais force est de constater que l’ensemble est tout à fait homogène, à mon sens de ce point de vue c’est déjà une réussite. Restait donc à se faire une idée de l’agrément de la bête…

Rendez-vous était donc pris pour un essai qui devait durer 24h00, assez longtemps pour soumettre cet engin à de nombreuses conditions : départementales, ville, autoroute, duo à vitesse légale, solo à fond… Enfin, à fond, disons « à bon rythme » en ayant les yeux fixés sur la route (et les radars !) plutôt que sur le compteur. N’oublions pas qu’il s’agit d’une machine de prêt, pas question de la malmener ni de la casser ! Marrant d’ailleurs comme la crainte de bousiller la bécane d’un autre (amplifiée par celle de voir un gros chèque de caution encaissé…) à tendance à freiner un peu les ardeurs, à brider les velléités de wheelings, rétrogradages de guedin et autres travers de porc.

Bref, quid des 1ères impressions ? Ma foi, plutôt bonnes ! D’abord, et bien que sa ligne et sa garde au sol m’avaient laissé présumer le contraire, la Ducati Scrambler est assez basse. A l’arrêt, même une 1/2 portion comme moi (170 cm) pose les 2 pieds à plat. La position globalement est des plus naturelles, si ce n’est que le guidon de cette version Classic est un peu haut et droit, pas si gênant à l’usage, juste sensiblement déroutant au tout départ.

L’autre détail qui cloche modérément de mon point de vue, mais peut toutefois agacer en roulant, c’est cette selle, au demeurant très jolie avec son cuir brun et son capitonnage de losanges, assez plate et malheureusement glissante. Si bien que sur les freinages appuyés ou les accélérations franches, on a parfois la sensation de faire du toboggan. Cela a d’ailleurs déstabilisé ma passagère, pourtant sac de sable depuis un moment, qui n’a pas su trouver sa place à l’arrière. Il faut dire que la situation et la forme des poignées ne sont pas des plus intuitives, et que le positionnement du réservoir et des cale-pieds sur ce genre de machine offre évidemment peu d’appuis. Mal à l’aise elle a eu le sentiment, et ce ne fut pas le cas pourtant, de me gêner tout le trajet.

Ces bémols mis à part, la Ducati Scrambler est une excellente bécane ! Facile, on se sent de suite chez soi, et pour ce qui me concerne ça a été du fun en barre dès la sortie du parking de la concession. Malgré les normes castratrices en vigueur le moteur est bien vivant, il vibre, pète, reprend « sauvagement » (rien à voir avec la Bonneville SE que j’avais essayée à sa sortie par exemple…). Je précise que mon exemplaire de démo était équipé d’un 2-en-1 Termignoni non homologué, nettement plus libéré que le double sortie (surtout esthétique en fait…) monté de série sur la Full Throttle et proposé en option pour les autres. Forcément, sans catalyseur et avec un silencieux « de compète », le son était rageur et les explosions à la décélération bien présentes. Pour autant, jamais le twin en L ne se montre impressionnant. Plutôt souple pour un bicylindre, il ne cogne que sous les 2000 tr/min et gratifie par contre d’un bon coup de pied au cul passé les 6000 ! Mais pas de quoi prendre peur, juste ce qu’il faut pour choper la banane et doubler les doigts dans le nez.

On est d’autant moins dépassé par les évènements que la partie cycle n’appelle pour moi aucun reproche. On m’avait annoncé des suspates un peu sèches, mais hormis sur les pavés défoncés du Vieux-Lille je n’ai rien remarqué personnellement (les mecs qui font ce constat devraient une fois enfourcher une Harley !). Et puis, faudrait être légèrement dingo pour acheter cette moto avec l’idée de se lancer sérieusement dans l’enduro (quand pour 4 fois moins cher tu peux te choper une meule prévue pour le job et que tu n’auras pas peur de foutre par terre…). Non, si on la prend pour ce qu’elle est, à mon sens la fourche et l’amortisseur sont parfaits. Idem pour ce qui est du freinage, R.A.S., on sent qu’on a affaire à du matos moderne. A vrai dire, c’est plus au sujet des pneus que j’étais sceptique a priori, leur profil « tout chemin » pouvant laisser à penser qu’ils ne sont pas parfaitement adaptés au bitume. Que nenni ! Sur le sec en tout cas (la pluie ne s’étant pas invitée sur notre parcours cette fois-là…), pas une fois je ne les ai sentis en défaut, ils tiennent parfaitement le pavé.

Pour le reste, pas de quoi écrire un roman. La finition de l’ensemble est très correcte, les commandes agréables à l’usage et faciles d’accès… Il n’y a guère que l’instrumentation sur cette Ducati Scrambler qui est un peu tout niquée, mais c’est juste qu’on est en 2015 et que la mode est aux compteurs digitaux tout intégré. Résultat : un compte-tours pour moi illisible (question d’habitude ?), et un rétro-éclairage qui de nuit m’a ébloui tout le retour. Mais faut dire que je suis qu’un con, et que j’ai oublié chemin faisant qu’on pouvait en régler l’intensité même en roulant ! Bref, rien de grave quoi qu’il en soit, a fortiori parce que je regarde assez peu mon tableau de bord finalement…

Quelle conclusion tirer de tout cela ?

En résumé, la Ducati Scrambler est une excellente machine pour 2015, facile, saine, rassurante. Son moteur n’est pas du tout dénué de caractère, même si on ne peut pas franchement parler de performances. C’est un bon gros jouet pour se faire plaisir sans se prendre la tête, une bécane polyvalente, pour faire le con, balader, partir en vacances ou aller bosser. Une brêle comme j’aime quoi, dont on peut pleinement profiter, à l’aise de suite comme à s’maison ! Rien d’étonnant dans le fait qu’il s’agisse-là du best seller de la marque, et que ce modèle attire à elle une nouvelle clientèle. Il y a là de quoi satisfaire ceux qui, comme moi, étaient jusque-là peut-être refroidis par la réputation de confort spartiate et de maintenance coûteuse des moins jeunes Ducat’… De l’histoire ancienne.

La firme bolognaise ne s’y est pas trompée, et une déclinaison de cette moto (déjà très accessible !) à destination des débutants tombait un peu sous le sens. Ainsi, la récente présentation de la Sixty2, motorisée par un bicylindre de 400 cm3 délivrant 41 ch et donc adapté aux jeunes permis, semble bien naturelle. Si cette sortie avait déjà été évoquée il y a un mois avec Yan, de DesmoLand Lille, notre camarade m’a également confié qu’un modèle équipé au contraire d’un gros twin serait aussi dans les tuyaux. On parle d’une Ducati Scrambler 1100 ou 1200… De quoi satisfaire ceux que 75 ch ne parviennent pas à rassasier ? Assurément ! Affaire à suivre donc (et à tester prochainement ?), en attendant encore un grand merci à cette concession pour m’avoir permis de réaliser cet essai.

P.S.: Je ne suis pas spécialement fier de mes photos, mais il faut dire que j’ai réalisé ce shooting avec un appareil de prêt et quelque peu old school. J’avoue, il m’a fallu un moment avant de comprendre comment fonctionnait la mise au point manuelle… Enfin, comme j’ai déjà souvent dit : photographe c’est un métier ! Mais je sais que vous serez indulgents avec moi (ou pas !).

A propos de Susokary :

Ch'timi né en 1978 et ayant depuis peu un pied en Belgique, chevauchant une FZ 750 stock depuis qu'il a été contraint de se séparer de sa W650 custom, amateur de bière et passionné de moto, ex-brasseur de "Chicks and beers" maintenant au guidon de "Un pneu dans la tombe", web monkey de métier, apporte sa modeste pierre à l'édifice de quelques entreprises œuvrant dans l'univers motocycliste.

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