Honda CB 750 Seven Fifty "Babushka"... Krassivaïa !

Honda CB 750 Seven Fifty “Babushka”… Krassivaïa !

Alex souhaitait nous présenter sa “Babushka”, une Honda CB 750 Seven Fifty qu’il a soignée comme une poupée russe, une bécane complètement à l’est…

Le soleil épuisé dans ses tentatives de percées se laissait rouler sur le ciel bas de nuages gris titane, mitraillant vainement le sol hors de portée de reflets verts argon. La plaine était déserte et les limons séchés obturaient sans peine les fissures du bitume qui n’avaient pas vu un terrassement depuis 10 piges. La moto traversait le désert depuis 86 jours sans scission. Le sable et la poussière l’avaient faite de rouge brillant devenir grise et mate, l’étoile résistante au milieu du réservoir seul astre déchu d’une époque bien révolue désormais ; une époque sur laquelle des litres d’essence avaient coulé jusqu’à n’en laisser que la matière nue en prise directe avec la grenaille du bitume.

Seven Fifty 93. Adaptation naturelle et seul billet de retour vers l’ouest possible. Organe mécanique juxtaposé sur le seul squelette encore apte à se mouvoir depuis la nuit, éructant gras au son de sa ligne raccourcie et de ses 4 carburateurs rapportés d’une grosse CBX bien malade, là bas, plus à l’est. Malgré la mitraille et les hordes qui sillonnaient encore le Caucase. Malgré un soleil qui s’était couché un soir pour ne plus jamais se lever que pour pisser sur le sale monde et les sales hommes.

La ligne campée sur le guidon flat bar, synthèse de ce qui résistait encore à l’oppression, encore à l’inertie. La selle monoplace fabriquée main sur laquelle ni les regrets ni les remords ne purent jamais grimper. La moto avançait encore et toujours, bardée derrière ses bandes thermiques entrelacées sur les tubes d’échappement et les plongeurs de fourche. Ses pneus à tétines sevrés du bitume depuis un bail, son pilote voilé, les rétines séchées par les kilomètres. Sur le réservoir, en cyrillique une inscription mystique, seul écueil encore visible d’une ère qui dorénavant n’existait plus. D’une langue que désormais plus personne ne parlait.

A propos de Mathieu :

Né en 1987, dans un coin de bout du monde fondé par les bagnards et les parias. Réchappé des usines la tronche et les mains abîmées un soir de décembre. Monte à cru une Aprilia damnée des dieux, belle comme la mort, tout en propageant "Les échos d'un trou à rats", et en rejoignant UPDLT pour contrer l'axe du mal...

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