Moto électrique : on a testé la Harley-Davidson LiveWire !

Moto électrique : on a testé la Harley-Davidson LiveWire !

L’actualité de la moto électrique ne vous passionne pas ? D’ordinaire nous non plus, mais on a quand même accepté un essai de la Harley-Davidson LiveWire…

Tout a commencé par un mail publicitaire. En temps normal ces messages atterrissent directement dans ma corbeille, mais là HD apparaissait dans l’objet alors je l’ai ouvert. Là-dedans on me proposait de venir tester la Harley-Davidson LiveWire, et dans la liste des villes européennes envisageables pour cet essai, il y avait Lelystad aux Pays-Bas. C’est tout de même à 03H00 de chez moi. Mais comme je ne pensais pas vraiment être sélectionné j’ai postulé. Bien m’en a pris ! Car moins de 2 semaines plus tard, nous étions quelques rares privilégiés à avoir reçu une invitation.

J’en ai alors touché un mot à mon ami Bafouille qui a bien voulu m’accompagner, en se disant qu’on pourrait en profiter pour explorer un peu la région. De mon coté, je n’ai volontairement rien lu sur cette moto électrique avant le départ. Je ne voulais pas être influencé ni encombré d’a priori, pour rester en mesure de délivrer mon propre ressenti. Voici donc comment s’est déroulée cette journée…

A l’arrivée il faut s’enregistrer à un guichet, entre autres y présenter son permis. Ils sont sympas, ils acceptent d’inscrire mon pote en cas de désistement. Et justement 15 minutes plus tard on nous appelle tous les 2 pour former un groupe de 5. Coup de chance ! Là, on nous passe une petite vidéo d’introduction que je vous avoue ne pas avoir vraiment suivie, tout absorbé que j’étais par la belle garée juste à nos cotés.

J’aime assez le look, je trouve qu’elle a de la gueule. Les peintures sont déjà pas mal abîmées, surtout au niveau du réservoir là où les blousons touchent, on voit qu’elles ont subi un paquet d’essais. On enfile des gilets jaunes, bien que tout se passe sur circuit, et puis on répète le process de démarrage qui lui ne m’a pas franchement séduit. Il s’agit d’appuyer sur un bouton pour activer l’écran tactile, puis de choisir parmi les modes proposés : économique ou performance, avant de rappuyer sur le même bouton pour finalement “démarrer”. Et comme cela ne déclenche aucun son, on a peine à croire que c’est fait. Mais un léger mouvement de la poignée confirme que la machine est prête à décoller, visiblement c’est bon.

Allez hop, en route ! Nous sommes encadrés par des Sportster, un devant, un derrière. Le 1er s’élance, suivi de Bafouille, puis de moi, et enfin de nos 3 compagnons d’essai, talonnés par le 1200 qui ferme la marche. Sur le parking qui donne accès à la piste, je laisse volontairement de l’espace entre mon pote et moi, pour pouvoir ouvrir en grand dès le début histoire de voir ce que la bête a dans le ventre. Ah bah je ne suis pas déçu ! Ca tire sur les bras avec une force constante, on est pas loin du levage de roue avant… Superbe accélération. Je lâche “les gaz”, et là 2ème bonne surprise : il y a un vrai frein moteur. Je craignais de me retrouver en roue libre sans boite de vitesses, mais non, le frein moteur est bien présent et pour moi c’est sécurisant.

Je m’habitue très vite à la position de conduite, assez naturelle avec ces commandes médianes. On est un peu plus en appui sur les poignets que ce à quoi je suis habitué, mais rien d’extrême. L’absence de sélecteur et de levier d’embrayage n’est pas plus perturbante que ça, sans même s’en rendre compte on oublie rapidement.

Le relatif silence ne me dérange pas outre mesure non plus. Bon, il faut dire que sur ce point je ne suis pas une référence. Roulant d’ordinaire sur une BMW R1100RT, je suis habitué à entendre le son d’une Acadiane dans le casque. Mais cette Harley-Davidson LiveWire ne fait pas tant que ça le bruit d’un aspirateur, même si ça siffle plus qu’autre chose, et que le vent a vite fait de couvrir le souffle produit par le moteur.

En fait, moi qui pensais qu’une moto électrique me ferait perdre mes références, et que je devrais rester sur mes gardes… Je me retrouve vite à l’aise sur cette bécane. A tel point, qu’après seulement un tour de circuit je ne pense bientôt plus qu’à essayer de poser le genou dans les virages. Par excès d’optimisme d’ailleurs, je me retrouve tantôt à faire dribbler l’avant, tantôt à perdre légèrement l’arrière. Pas de doute, ça freine. Tant mieux, car on est forcés de ralentir au pas pour attendre nos camarades à la traîne derrière, ce qui me permet de constater que cette machine est assez stable à basse vitesse.

La session terminée, nous débriefons avec un anglais et des gens de chez HD. Ces derniers nous expliquent que le frein moteur que l’on a constaté est en fait un système régénératif, qui profite de l’énergie de la décélération pour recharger la batterie. Et dans l’esprit de cette journée nettement moins marketée que ce à quoi je m’attendais, l’un d’eux joue cartes sur table : si ce dispositif peut être un avantage sur circuit, et permettre de réaliser un bon temps sans même toucher aux freins, en revanche son caractère on/off peut être un inconvénient dans le trafic. Je n’y avais pas pensé durant l’essai, mais en effet ! Du coup une régulation de sa puissance en fonction des conditions de roulage est envisagée.

A la question de savoir combien de Harley-Davidson LiveWire ont été produites, on nous répond 46. Et ces tests réalisés un peu partout dans le monde ont pour but de voir quels seraient les marchés les plus mûrs pour envisager une version de production, de noter les retours des essayeurs afin de lister les améliorations qui mériteraient d’être apportées, etc… Justement, on est dirigé vers des pupitres équipés d’iPad pour répondre à un questionnaire interactif. Et puis au bar la marque nous offre un rafraîchissement, pendant que nous observons un autre groupe sur la piste.

L’heure est venue pour nous de reprendre la route, de partir à la découverte de Giethoorn aux guidons de nos teutonnes, et de suivre les itinéraires verts indiqués sur la carte Michelin du coin. A bientôt !

Note du taulier :
Si vous voulez mon avis : j’ai bien du mal à croire à l’intérêt écologique des véhicules électriques. Ok, à une échelle très locale, cela contribue à réduire le bruit et les gaz d’échappement. Même pas franchement les particules, puisque les freins à eux seuls en produisent énormément, ce qui explique que l’air des couloirs du métro parisien soit si pollué. Mais si on considère la question de façon plus globale, le bilan reste catastrophique. Produire et stocker cette énergie est loin d’être sans conséquences, pensez donc au fonctionnement des centrales, que l’on parle de charbon en Allemagne ou de nucléaire en France. Et puis il y a les batteries, qui nécessitent elles aussi l’extraction et le recyclage ou stockage de matières qui n’ont rien d’anodin. En résumé, pour moi on est en plein greenwashing avec ces conneries, c’est du bourrage de mou en bonne et due forme.

Néanmoins, sur le plan de l’innovation la démarche reste intéressante. A fortiori quand elle prend forme chez un constructeur dont le succès a été largement porté par le caractère si particulier de ses moteurs, “à l’ancienne”, “bruyants” et “caractériels”. Elle l’est d’autant plus ici que le design de la Harley-Davidson LiveWire dans l’ensemble est à mes yeux réussi. Quelque part à mi-chemin entre les dernières Buell et la relativement récente XR 1200, voilà un excellent compromis. J’irais même jusqu’à dire qu’un roadster aussi racé estampillé “Bar & Shield”, c’est carrément inédit. Si cela pouvait augurer l’ergonomie et la ligne de prochaines HD propulsées par un v-twin comme on aime, pour ma part j’en serais ravi. D’autant que cela supprimerait l’excédent de plastique que l’on voit ici.

Mais pour en revenir à l’essai qui nous amène aujourd’hui, même si l’on devine que le silence et la linéarité de cette machine doivent faire perdre une part non négligeable de l’agrément, dans le même temps je serais curieux de la tester moi-même personnellement. N’oubliez jamais que si la puissance permet de vendre des motos c’est le couple qui permet de remporter des courses. Et du couple, en général les véhicules électriques n’en manquent pas ! Je ne vois donc pas, loin de là, cette bécane comme une solution, ni même comme une alternative, trop attaché que je suis au moteur à explosion. (Oui, je sais, c’est un abus de langage dont on a déjà parlé ici…) Mais pour faire de la piste en l’occurrence, on ou off road d’ailleurs, why not ? Je me laisserai en tout cas volontiers tenter par quelques tours de circuit, histoire de me faire ma propre idée sur le sujet…

A propos de Enzo :

Enzo Rhode-Hagen, fils illégitime d'Enzo Ferrari et de Nina Hagen, Canned Heat lui a dédié une chanson. Il avoue un fétichisme pour les carénages et les valises, roule sur une moto stock, et ne sait rien faire de ses 10 doigts... C'est à se demander ce qu'il fout ici ! Mais il a la passion et fréquente pas mal de meetings, comme en témoigne sa page Street Corner Adventures.

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1 commentaire

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  1. A propos de Casarano...

    Belle gueule assez agressive, mais d’après ce que j’en ai lu, autonomie pas folichonne…
    Pour ma part, je n’y crois pas du tout car en France le réseau de charge est très pauvre.
    D’après ce que j’ai entendu en concess’ Harley “voudrait” développer un réseau maison tout comme Tesla l’a fait.
    Mais on ne résout AUCUN problème de pollution avec l’électrique, on le déplace !
    Allez voir dans quelles conditions on extrait le lithium en Bolivie, par exemple, ça calme…
    Pour conclure, et à mon humble avis, pour le moment l’électrique c’est du pipeau.

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