BMW K75 Etik Motorcycles : une prépa inspirée d'un casque Davida...

BMW K75 Etik Motorcycles : une prépa inspirée d’un casque Davida…

Un casque assorti à la moto ? L’inverse en fait, une BWM K75 aux couleurs du Davida de son proprio, et une nouvelle mission accomplie pour Etik Motorcycles.

Note du taulier :
Voilà près d’un an que cette BMW K75 avait atterri en tête de mes mails, et donc presque autant de temps que j’avais promis, aux mecs de Etik Motorcycles qui ont l’air de faire du bon travail, d’y jeter un œil approfondi. Problème : je reçois genre 3-4 bécanes par semaine, et je peine à libérer le temps d’en publier 2 par quinzaine… Je te laisse imaginer le boxon dans ma boite de réception !

Bref, quand Mathieu m’a récemment demandé si j’avais pas des fois un sujet à lui confier, j’ai pensé à eux. Tu crois que notre camarade m’aurait livré un article sur cette moto ? Haha ! A la place j’ai reçu l’ébauche du prochain Tarantino… Comme on dit chez lui, il est fada, ce gars ! Pas pour rien qu’il propage "Les échos d’un trou à rats".

Enfin, pour ceux qui seraient en quête d’un descriptif « technique », je tâche de vous en livrer un résumé à la fin de cet article.

Les mecs comme ça ils plaisent aux femmes, ils leurs font des choses, et elles, se disent des choses, elles deviennent dingues. Bravo c’était le genre de mec un peu rustre, durci par l’oxygène en surface, mais encore magmatique à l’intérieur. L’air qui s’engouffrait par les plaies béantes de ses cicatrices ralentissait malgré les effets Coandă et Venturi. Rien ne parvenait à éteindre ce brasier. Rien.

Bravo il avait les jambes arquées d’un mangudaï mongol. Bravo il posait jamais le pied à terre, il rendait jamais les armes, il fermait jamais sa gueule. C’tait pour ça les balafres et les arcades, qui à court de répit métabolique étaient devenues par la force des choses, par la force des coups, violacées en permanence. Bravo c’était la merde, sur sa chienne de moto, mais putain les gonzesses l’aimaient. Il avait ce truc, tu vois. Puis les mecs, ils le craignaient. Bravo c’était le mec à t’enfoncer le calibre dans la bouche en te regardant dans les yeux, et à le retirer d’un coup pour te péter les incisives par l’intérieur avec la mire au bout du canon. Bravo il rigolait pas, il faisait que fumer pour s’inerter les nerfs, puis écrasait avec sadisme ses mégots sur le zinc du bar.

Un jour un mec s’était pointé. Une grande gueule. Un cave. Il nous avait tenu le crachoir toute la soirée. C’était un de ces mecs de la côte ouest, avec leurs merdes de bécanes galbées comme des frigidaires japonais. Ces mecs-là aussi plaisaient aux femmes, celles des trous perdus comme ici. Et une fausse blondasse aux sourcils noirs de pétrole se laissait déjà tendrement cracher la fumée au visage en gloussant comme une dinde. Seulement le mec, il savait pas, il avait demandé à Bravo :

« Hey mec ! C’t’à toi le truc devant ? »

Le truc, c’est l’expression qu’il avait employée.
Le truc.

Tu parles d’un truc. Bravo cette bécane il l’avait fabriquée presque tout seul. Un vieux modèle de BM, de ceux dont plus personne ne voulait, un genre de camping-car des années 80. Y avait que les hipsters de Soho pour rouler sur de tels trucs au 1er degré. Non. La K75 de Bravo c’était une sorte d’œuvre d’art, qu’il mettait lui-même en clair obscur par la crasse de ses sapes et le terrain vague hirsute qui lui servait de figure. Cuir noir laqué bakélite. Excellent.

Il avait usiné lui-même les platines, la boucle arrière, le support de selle… Et expédié en enfer tous les attributs en plastoc pour épurer le style, en adéquation avec ce casque Davida TT que pourtant il ne portait pour ainsi dire jamais. Il avait rentré la moto un hiver entier dans le mobil-home qu’il occupait, derrière le garage poids lourds du vieux Hitchcock. Il avait gratté le moteur à la brosse à dents sur la table de la cuisine, s’était levé un cul pas possible pour simplifier un faisceau tentaculaire, dont ne restait qu’une loupiote pour la jauge à essence. Le phare rond en proue perçait la nuit incessamment entre chez lui et le bar de Jimmy, où il avait une ardoise assez grosse pour y développer la théorie des cordes. Des surpiqûres du cuir de la selle à la maille des tresses inox des durites de frein, il avait tout choisi lui-même. Sa BMW c’était son temps, et c’était aussi la seule chose qu’il savait faire. C’était tout. Tout sauf un « truc ». Et le type l’avait instantanément pigé quand il avait vu les arcades sourcilières de la brute doubler de volume et faire la nuit sur son regard.

Bravo il l’avait attrapé par la nuque et sans mot dire lui avait ouvert la bouche avec sa patte velue. Personne ne bougeait, et le juke-box laissait tourner un son de Marianne Faithfull, « A lean and hungry look », tu parles… Bravo arracha des mains de la fausse blondasse la bouteille de bière à moitié vide dont le gaz s’échappait dans un crépitement incroyablement perceptible. Lorsque le goulot écarta les parois de sa trachée, le cave commença à gémir tandis que la bière moussait par ses sinus. Bravo enfonça la bouteille jusqu’à ce que la partie évasée fasse un bruit sourd contre le fond de la gorge du type. Plus personne ne mouftait, l’assistance était pétrifiée et le juke-box avait expiré sa dernière mesure. C’est à ce moment-là que de sa main droite Bravo écrasa la face du type contre la table en bois. Un craquement, dont personne ne sut si c’était l’os du nez ou le verre de la bouteille, résonna avec effroi dans le bar. Bravo releva le gonze par la peau du cou, et lui rabattit encore 3 fois la face contre le bois. Il s’arrêta vraisemblablement juste avant que l’os du pif ne rentre dans sa cervelle de moineau. Juste avant de briser son truc à lui.

Le sang du nez se mêlait au verre pilé qui lui sortait par la bouche. Le type tenait encore debout quand Bravo a quitté le bar. Il a passé l’arme à gauche avant qu’un toubib ne soit là, c’était de toute façon trop tard, une hémorragie interne l’avait rempli de sang jusqu’aux reniflards. Ça dégueulait partout, dégueulasse. Le lendemain, les flics avaient cueilli Bravo qui ne s’était pas débattu.

« Suce-moi la bite. »

C’est tout ce qu’il avait dit au shérif qui lui lisait ses droits. Personne n’avait retrouvé la moto, et encore aujourd’hui subsiste la légende d’une bécane qu’un jour un cave aurait qualifié de « truc », sans savoir que « truc » justement serait le dernier mot qu’il prononcerait.

Note du taulier :
Bon, en résumé donc, on est là face à une BMW K75 LT à l’origine full-carénée et full-valochée. Oui, l’archétype de la grosse teutonne dégueulasse avec laquelle les gendarmes parviennent pourtant à te serrer… Mais aussi une valeur sûre pour les amateurs de 3 pattes à la fiabilité éprouvée. J’imagine que c’est le cas justement de son propriétaire, également en possession d’un casque Davida dont il n’est pas peu fier. Il a donc sollicité Etik Motorcycles pour mettre sa bécane à la diète et lui offrir la même déco patriote que son jet.

Débarrassée du superflu et du grossier, cette moto se retrouve largement allégée, au bas mot d’une 20aine de kilos. La selle et la platine maison, accueillant la jauge à essence et le contacteur, sont recouvertes de cuir comme l’intérieur du casque. Le réservoir d’origine ne comporte aucun sticker, il est peint à la main comme l’extérieur du casque. Pour le reste : boucle arrière, platine de selle et support de feu usinés, contacteur Motogadget, commodos remplacés et compteur T&T, faisceau électrique aux petits oignons, nouveau maître-cylindre et durite aviation…

Voilà pour la liste, non exhaustive je présume, des modifs sur ce brêlon.

A propos de Mathieu :

Né en 1987, dans un coin de bout du monde fondé par les bagnards et les parias. Réchappé des usines la tronche et les mains abîmées un soir de décembre. Monte à cru une Aprilia damnée des dieux, belle comme la mort, tout en propageant "Les échos d'un trou à rats", et en rejoignant UPDLT pour contrer l'axe du mal...

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