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Legend Motors : fin de l'aventure...

Legend Motors : fin de l’aventure…

Paix à son âme, Legend Motors n’est plus ; saluons la mémoire de l’enseigne, et gardons le souvenir des motos d’époque et autres machines d’exception qui nous ont fait rêver !

Aussi belles peuvent-elles être, toutes les histoires ont une fin, toutes… Eve a croqué la pomme. Verlaine a tiré sur Rimbaud. Serge et Jane ont fini par se séparer. Coluche n’a pas récolté les cinq-cents signatures requises. Brassens, Brel et Ferré ont chacun passé l’arme à gauche. Groquik a été licencié sans préavis ni indemnités. BB n’est même pas l’ombre de ce qu’elle fut. Les Chinois font main basse sur nos vignobles. Balkany est sorti de prison. Le Vieux Continent est en train de s’effondrer. Et un jour, le fromage au lait cru aura disparu ! Ah, et cerise sur la pièce montée : Legend Motors a tiré sa révérence.

Désolé si je vous l’apprends, de façon un peu raide. C’est vrai qu’il n’y a pas eu de communiqué officiel. M’enfin, avec le silence radio qu’on a tous constaté depuis l’automne dernier, c’était devenu un secret de polichinelle. J’entends d’ici vos questions… Comment !? Pourquoi !? Mais je ne suis pas certain de connaitre moi-même tous les détails. Et au fond, est-ce bien important ? La vie d’une entreprise est ainsi faîte qu’elle comporte des risques, notamment en cas de relocalisation. La vie d’un motard pareillement, on sait bien qu’on a « un pneu dans la tombe » chaque fois qu’on enfourche nos pièges.

Ici, il semblerait que les deux aient joué. D’abord, le déménagement dont je vous avais parlé aurait eu des effets de bord aussi inattendus que préjudiciables. Ensuite, au moment où il aurait éventuellement fallu pouvoir redoubler d’énergie pour sauver les meubles, Christophe a fait les frais d’un refus de priorité. Et si cet accident lui a valu de belles blessures, il a carrément été fatal à la Ducati 900 SS avec laquelle il se promenait ce jour-là ! Bref, aujourd’hui, si vous pensez en savoir plus que ça, c’est soit que vous êtes le mandataire judiciaire, soit que vous prêtez l’oreille aux ragots.

Perso, je ne me préoccupe ni des rumeurs ni des commentaires sur ce genre d’affaire. Ce qui m’intéresse en revanche, c’est de veiller à ce que le bébé ne soit pas jeté avec l’eau du bain ! Car durant quelques années, on aura vu passer dans cette boutique des dizaines et des dizaines de motos d’époque et de machines d’exception. L’endroit, magnifique, aura également été le théâtre de nos premiers rassos lillois, et aura fait parler de lui bien au delà des frontières de la métropole. Rue Saint-André, au fameux numéro 59, on en a essayé des belles bécanes, on en a rencontré des bons copains, et on en a bu des bières dignes de ce nom, dont pas mal offertes par le patron.

« Penser à reculons, je laisse ça aux lopes et aux écrevisses ! »

N’en déplaise au brigadier Théo Dumas, votre serviteur n’est pas toujours insensible à la nostalgie, lui. Encore moins quand il s’agit d’une boite à laquelle j’ai, modestement, contribué pendant plus d’un quinquennat avec toujours le même plaisir ; en maintenant le site que j’avais initialement créé, en peaufinant chaque mot et chaque cliché mis en ligne… Bref, en faisant mon boulot de « web monkey ». Legend Motors qui ferme, c’est une enseigne qui disparaît. Mais si on ne fait rien, c’est aussi un morceau d’histoire que l’on finira par oublier ! Et ça, je ne pouvais pas m’y résoudre.

C’est pourquoi j’ai proposé un deal, et obtenu un accord pour republier, ici, tous les bijoux à deux roues que cet écrin du Vieux-Lille a pu abriter. « Invest in the past, for your future… » ; qu’y disait. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Ce passé auquel vous êtes, je suppose, autant attachés que moi, on va le faire revivre, le distiller, le redécouvrir goutte après goutte pour mieux l’apprécier, comme une liqueur, comme un nectar. En clair, j’ai sous le coude de quoi combler pendant un moment les amateurs de bécanes « à l’ancienne, piégeuses, bruyantes et caractérielles » ! Z’êtes prêts ? Restez connectés…

En attendant, je vous laisse avec cette série de photos signées David Coppieters, et prises tandis que l’on inaugurait l’astucieuse extension du showroom, dans un quartier où les mètres carrés sont précieux ! La boutique était alors à l’apogée de sa popularité, des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour découvrir le résultat et profiter de l’ambiance. Pas mal de visages familiers, sur ces images souvenirs… Notamment Julien, paix à son âme lui aussi, qui était encore parmi nous, souriant comme toujours et servant des mousses à la pompe fraîchement installée. Le temps passe, on ne revient pas en arrière.

A propos de Susokary :

Ch'timi né en 1978, et motard depuis le berceau qu'aura été le panier de mes vieux, j'ai commencé à rouler de mes propres roues en QR 50, et chevauche aujourd'hui une FZ 750 stock depuis ma séparation regrettable d'avec ma W650 custom. Web monkey de métier, amateur de bière et passionné de moto, ex-brasseur de "Chicks and beers" maintenant au guidon de "Un pneu dans la tombe", j'apporte ma modeste pierre à l'édifice de quelques entreprises œuvrant dans l'univers motocycliste.

686 articles publiés par cet auteur

16 commentaires

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  1. A propos de Didier Alary...

    Dommage, mais peut-être que c’était devenu trop loin pour montrer son nouveau blouson et boire une bière pas chère…

  2. A propos de Guy Drobinoha...

    J’ai le souvenir d’une très belle boutique, d’un magasin de beaux jouets pour adultes.
    Vraiment dommage…

  3. A propos de JF Art...

    Dommage, car c’était une belle boutique avec de belles machines…
    Que sont devenues les dernières bécanes qu’il avait en stock ?

  4. A propos de Susokary...

    Il me semble qu’il s’agissait en grande majorité de dépôts-ventes, lesquels ont simplement retrouvé leurs proprios respectifs.
    :/

  5. A propos de KildeRouge...

    C’était surtout un haut lieu de spéculation, avec des bécanes, certes belles, mais aux prix délirants !

  6. A propos de Susokary...

    Que je sache, les tarifs n’ont jamais atteint ce que pratiquent Artcurial, Bonhams, etc…
    Vous prêtez à cette modeste enseigne un pouvoir qui la dépasse largement, simplement parce qu’on est tous déçu de constater que les prix des anciennes qui nous faisaient rêver se sont envolés, partout !
    Les modèles les plus rares et les plus exceptionnels s’échangent désormais pour des sommes dingues, sous le marteau.
    Ca vaut d’ailleurs, et probablement même plus encore, pour les autos.
    De grâce, acceptez la loi du marché, et cessez de vouloir faire porter à cette petite boutique un si grand chapeau.
    ;)

  7. A propos de Eric...

    Dommage de perdre une belle enseigne, mais l’historique des motos n’était pas toujours clair.

  8. A propos de Susokary...

    Vous en avez sondées beaucoup ?
    Quand on propose des bécanes dont l’âge oscille, grosso modo, entre cinquante et cent ans, je veux bien croire qu’il est difficile de disposer systématiquement d’un dossier détaillé parfaitement exhaustif…
    ;)

  9. A propos de Jean-Marc Loiseau...

    Je suis l’acheteur d’une des dernières, une splendide et rarissime Martin 1135 R dont le moteur, refait de A à Z, vient d’être remonté dans le cadre.
    Cette moto tourne parfaitement, sans un cliquetis ; l’embrayage est neuf, la boite a été révisée… Une machine bientôt prête à reprendre du service pour de nombreuses années !
    Il me manque encore les membranes des carburateurs, démontés pour être reconditionnés, qui devraient arriver prochainement de Grande-Bretagne.
    Celle qui a été une des toutes dernières chez Martin, puis chez Legend Motors, fera prochainement son retour pour mon plus grand plaisir, et pour celui des amateurs qui auront l’occasion de la croiser !
    Je ne peux que dédier cette restauration à la mémoire de ce magasin de légendes à deux roues, et à Christophe son sympathique dirigeant, expert érudit des objets de notre passion, notamment des Vincent.
    Une page se tourne, espérons qu’il en écrira quelques autres…

  10. A propos de Enzo Rhode-Hagen...

    J’aimais bien aller baver devant sa vitrine, rue Saint-André.
    Les prix, je m’en fous…
    J’adore les Van Gogh, mais je ne pourrai jamais m’en payer, et pourtant je les admire toujours.
    C’était un peu le même concept, pour moi, cette boutique.
    J’y allais me rincer l’œil, me faire plaisir, en sachant que je ne pourrai pas acheter, mais cela entretenait mon fantasme.
    Les boutiques consacrées aux belles anciennes sont super rares, c’est ce que j’appréciais le plus.

  11. A propos de Susokary...

    Qui n’aime pas les marchands de rêves ?
    Mais parait par contre qu’il n’est pas toujours bon de réaliser ses fantasmes…
    Depuis que la bécane rétro est à la mode, les prix ont flambé !
    T’en as que ça ne gène pas, parce qu’ils voient la chose comme un investissement, y trouvent parfois même un avantage fiscal.
    T’en as d’autres qui ont simplement les moyens de se faire plaisir, mais découvrent après coup que les tarifs prohibitifs d’aujourd’hui n’ont rien changé à la fiabilité aléatoire d’hier…
    C’est probablement dans ce rang-là qu’on trouve les déçus.
    Quand on te demande si tu voudrais pas monter un chargeur iPhone sur une Godet, tu mesures à quel point une partie de la clientèle a changé…
    Ca aurait du rester un truc de passionnés, d’amateurs éclairés.
    Mais les conseillers en gestion de patrimoine et les m’as-tu-vu s’en sont mêlés.
    :/

  12. A propos de Benjamin Freudenthal...

    Il n’y avait que trois enseignes de la moto ancienne en France : Hound Motorcycle, Legend’MotorCycles, et Legend Motors ; les plus pragmatiques ont survécu ?
    Les prix des machines vendues à Lille étaient, je crois, un cran (trop) au-dessus…
    Mais en terme de variété, de qualité, d’amour véritable pour la moto en général, Christophe Bodelot avait frappé fort ; trop fort ?

  13. A propos de Susokary...

    Trois seulement ?
    Quid de Vintage Workshop, qui faisait aussi de l’import d’anciennes ?
    Quid de Temps 2 Chauffe, toujours à l’oeuvre aux dernières nouvelles ?
    Quid de ATS Motorcycles, cette boutique qui ne date pas d’hier ?
    Pour ne citer que des enseignes déjà référencées ici !
    Pour le reste, Christophe avait un talent certain pour valoriser et vendre ses motos, je ne dirais pas le contraire, et quelques machines particulièrement rares et précieuses se sont sans doute échangées à des tarifs inédits à nos yeux.
    Est-ce que cela a contribué à donner une fausse impression ?
    Pas impossible…
    J’ai vu trois Godet passer chez Legend Motors, par exemple, et aucune n’a atteint le prix de celle affichée en ce moment chez Le Major (qui a toute ma sympathie, je précise !).
    Etonnant, non ?
    ;)

  14. A propos de Philippe Jolivet...

    Je découvre avec stupeur que ce superbe magasin lillois est fermé !
    Plus de belles motos anciennes à voir dans cette magnifique boutique…
    Je garde le souvenir de bons échanges avec le responsable et son équipe, par mail, et regrette de constater cette fin cruelle.
    J’avais également bavardé, via les commentaires sur le site de Legend Motors, avec le futur propriétaire de la remarquable Martin sur base de Suzuki 1100 ; une belle preuve du savoir-faire français lorsque Georges Martin nous faisait rêver avec ses préparations !
    Je suis attristé de cette fermeture, et j’espère que son responsable reviendra au plus tôt dans le monde de la moto et des belles mécaniques.
    Bon courage à vous, et bravo pour cet article qui salue le travail accompli par les artistes aux manettes de cette enseigne, et rend hommage à ceux qui ne sont malheureusement plus là.
    Merci.

  15. A propos de Jean-Marc Loiseau...

    La Martin a repris du service et a trouvé sa place au milieu d’autres machines exclusives, de son âge ou plus récentes mais toutes aussi passionnantes.
    Sans doute est-elle l’une des plus attachantes, des plus faciles à piloter, des plus agréables à rouler ; elle est encore dans le coup face aux jeunettes, question tenue de route, performance et freinage.
    Le poids reste son ennemi sur route sinueuse, mais le plaisir et l’impression d’une forte poussée sont omniprésentes ; rien à voir avec les montées extraordinaires d’une sportive moderne, juste cette force typique des gros quatre cylindres à carbus, qui nous tend un sourire jusqu’aux oreilles à chaque rotation de la poignée un peu marquée…
    Plaisir dont on ne se lasse jamais !

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