Skyteam 50 Ace : le 3ème cafe-racer de Badass Factory, et le plus petit !

Skyteam 50 Ace : le 3ème cafe-racer de Badass Factory, et le plus petit !

Ersatz de Honda 50 Dream, la Skyteam 50 Ace, c’est un peu le cafe-racer à la portée des ados. En voici un exemplaire, que Badass Factory vient de sauver de la casse…

Note du taulier :
Notre camarade Jean-François poursuit sa phase de down sizing, en dévoilant son dernier cafe-racer estampillé Badass Factory. Après sa superbe Triumph 1050 Speed Triple perso, il s’était penché sur le cas d’une Honda CG 125 pour sa femme. Cette fois c’est un cafra de 49,9 cm3 qu’il nous présente, à la base une Skyteam 50 Ace achetée en vrac et en piteux état. Le chantier de restauration est visible sous la forme d’un album photo sur sa page FB.
Et c’est donc cette tasse qui a motivé Mathieu, lui qui émet "Les échos d’un trou à rats" en temps normal, à publier un 2nd épisode de "Sang Plomb 95", sa série dont Nestor est le héros.
Bonne lecture !

Sandoval tassait sa clope sur le dos de sa main de maçon. Lorsqu’il la porta à ses lèvres, il s’attarda un court instant pour contempler les inscriptions en cyrillique apposées sur le paquet. Adossé à la portière de sa 406 griffée Pininfarina, il aspira la première bouffée lentement, pendant que partout autour, sur le parking de Mammouth, le silence occupait toutes les places de stationnement ordinairement dévolues aux véhicules. Coincé entre la voie rapide et les barres HLM, desservi par deux accès routiers et un chemin de terre, si l’on comptait le terrain vague adjacent, le supermarché constituait un lieu de rendez-vous idéal.

Nestor n’allait plus tarder. « Qu’il se ramène, cet enfoiré… » ; Sandoval n’avait pas apporté le pognon, pas plus qu’il n’avait la came, ou l’intention de demander un délai ou un chrom’. Il n’avait rien de planqué dans le coupé, aucun plan B. Il avait tout misé sur les gamins, Vadaash et Willy, pour l’heure postés légèrement en retrait des zones jonchées de réverbères, dans un coin sombre, derrière deux grosses bennes à ordures métalliques.

Sandoval avait tout prévu. « C’pas compliqué », comme disait son oncle, « Un RDV, un Mac-10, un drive-by, et plus de problèmes… ». L’oncle à Sandoval, il était au cachot, à Luynes, mais c’était pas pour ça qu’il fallait pas l’écouter. Les frères Volkswagen étaient parfaits pour cette tâche, avec leur brêlon sonore signé Badass Factory. Les pétarades du mono quatre temps étaient idéales pour couvrir les détonations d’armes automatiques.

Le plus grand des frangins resterait planqué avec sa 22 Long Rifle, pour annihiler le probable déchet du cadet, un peu borderline parfois, mais un formidable équilibriste quand il enfourchait sa bécane. Un 50 cc avec des guidons bracelets, du chrome sur les amortos, les jantes, et le phare globuleux à te faire perdre la vue en plein cagnard. Strictement monoplace, juste suffisant pour les 52 petits kilos de Vadaash.

Willy, qui lui taxait régulièrement son cafe-racer, prenait systématiquement 15 km/h de moins en pointe. « C’est à cause de ton pif, on dirait un pare-buffle de locomotive ! », lui balançait le merdeux ; ce qui avait le don d’agacer l’aîné, qui se moquait en retour de son prénom : « Le daron a du éternuer sur le registre d’état civil, comme le soir de ta conception ! ». Il l’appelait le morveux, et Vadaash détestait ça. Sandoval, lui, savait s’y prendre. Il responsabilisait le gamin en lui filant le flingue le plus véloce, et dans le coup de ce soir le rôle principal.

Le hurlement du gros 4 cylindres de la Bandit de Nestor se fit entendre. Il déboulait, décélérant sur la bretelle de voie rapide, les détonations dans l’échappement dues au mélange appauvri par l’air dense du soir. Ensuite la Suzuki fendit l’obscurité du parking, et son pilote béquilla la moto à quelques mètres de la calandre de la Peugeot.

En coupant le contact la lumière du phare s’éteignit. Nestor ôta son casque, et la banane de sa chevelure, contrainte dans le heaume, se redressa alors instantanément dans un mouvement élastique incroyable de prestance. Le cuir capitonnait le torse du truand, ceint sous le blouson d’un holster en cuir, un peu craqué aux coutures à cause du gros barillet du Magnum.

De là où il était, Vadaash vit très bien la discussion débuter, puis s’envenimer lentement. Nestor semblait étonné de ne pas susciter exactement toute la terreur désirée sur le visage de Sandoval. Le jeune passait sa main sur le réservoir de sa Skyteam, appuyé, son épaule contre la benne, béquille repliée, jambe droite sur le kick, il était prêt, 20 % de la course déjà effectuée, première enclenchée, transmission débrayée, le piston tiède, la cuve du carbu pleine, la bielle tenue, prête à provoquer une infinité d’explosions en chaîne et propulser la mob très vite vers l’avant.

En bandoulière, le pistolet mitrailleur, des bastos à ras la gueule, idéalement placé pour accueillir sa main gauche autour de la crosse et de la gâchette. Il jeta un coup d’œil à son grand frère, installé à contrecœur à l’intérieur même de la benne à ordures d’à coté. Willy l’aperçut, le dévisagea. Vadaash lui fit un gros doigt. Willy serra la mâchoire et prit une position de tir correcte, derrière sa Winchester.

Sur le parking, Nestor sembla soulever Sandoval par le col, la veste de survêtement en peau de pêche du gitan flottant dans l’air. La seconde suivante il l’étala sur le capot de la 406. Ils entendirent le bruit de la tôle enfoncée, Vadaash kicka alors de tout son poids. Le temps que le kick remonte en position initiale, il avait démarré et dépassait déjà les 30 km/h en direction de sa cible, tandis que Nestor envoyait un direct dans la tronche de Sandoval, qui imprima presque le profil du manouche dans l’acier.

Au moment où il dézippait son blouson pour saisir son calibre, il tourna d’instinct la tête sur sa gauche, alerté par le grondement mécanique. Il vit l’engin déboulant de nulle part dans son champ de vision, feux éteints, avançant vers lui à toute vitesse dans un boucan du diable, amplifié par un surrégime totalement barbare. La main du pilote, loin du levier d’embrayage, arborait un flingue dont les premières détonations irisèrent la peinture bleue métallisée du réservoir, comme de petits arcs électriques. Les projectiles métalliques transperçaient l’atmosphère, créant le vide dans leur traînée.

Nestor plongea au sol, entraînant par le coltar et la gorge cet enculé de Sandoval dans sa chute. L’instant d’après une interminable rafale d’arme automatique, entremêlée de ruptures d’allumage saccadées, satura tout l’espace, sonore et visuel.

Nestor - Episode #02 - Vadaash.

A propos de Mathieu :

Né en 1987, dans un coin de bout du monde fondé par les bagnards et les parias. Réchappé des usines la tronche et les mains abîmées un soir de décembre. Monte à cru une Aprilia damnée des dieux, belle comme la mort, tout en propageant "Les échos d'un trou à rats", et en rejoignant UPDLT pour contrer l'axe du mal...

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1 commentaire

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  1. A propos de Robby One...

    Je suis assez fan du vrai Honda Dream, celui avec le moteur double arbre à cames en tête.
    Donc bravo pour cette belle réalisation.
    Un jour, peut-être que je m’en ferai une façon bécane de GP usine des années 60 !
    Même si je roule avec une 1700, j’adore toujours les tasses à café.
    Ca me rappelle ma jeunesse, et c’est une bonne idée pour conserver ses points tout en s’amusant.

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