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Motoconfort AU65 "Kumiko" par Cyril Cheval - Episode 06 : Pendine Sands.

Motoconfort AU65 « Kumiko » par Cyril Cheval – Episode 06 : Pendine Sands.

De retour de Pendine Sands, Cyril Cheval nous fait part de son expérience marquante et des vitesses records qu’il a pu atteindre, au guidon de son iconique Motoconfort AU65.

Si vous avez un peu suivi, ces derniers mois, ce qui a été publié sur UPDLT… Vous avez déjà aperçu cette Motoconfort AU65 pour le moins originale. Baptisée « Kumiko », l’œuvre mécanique avait vocation à devenir un engin de land speed racing. Aussi à l’histoire de sa naissance (partagée en pas moins de cinq épisodes), nous avions promis une suite. Eh bien, son papa Cyril Cheval vient justement de l’écrire, sur le sable d’une fameuse plage du Pays de Galles ! Pendine Sands ; vous connaissez ?

Début mai, les Straightliners y organisaient leur évènement « Speed Weekend ». Et notre camarade aura donc saisi l’occase pour tenter d’établir quelques records de vitesse terrestre, couché sur cette superbe pétoire de sa fabrication. Mission accomplie ? Oui ! Sophie (la girafe) peut en témoigner :

  •  APS-CG-50  ∷   1/4 mile    ➤  44,046 mph.
  •  APS-CG-50  ∷   1/2 mile    ➤  49,141 mph.
  •    A-CG-50  ∷   500 mètres  ➤  45,957 mph.
  •    A-CG-50  ∷  1000 mètres  ➤  51,612 mph.
  •    A-CG-50  ∷   1/4 mile    ➤  50,793 mph.
  •    A-CG-50  ∷   1/2 mile    ➤  57,638 mph.

Un peu de jargon utile :
   ·    A  =  Special construction.
   ·  APS  =  Partial streamliner.
   ·   CG  =  Classic gasoline.
   ·   50  =  La cylindrée.
Rapport aux catégories précédemment mentionnées.

[Cliquez ici pour voir le relevé officiel.]

Ainsi nous parlons de six performances validées par Ukita ; dont une pointe max à quasi 93 km/h. Pas dégueu ! Pour un cyclomoteur des années 60, plus poussé sur le plan esthétique que sur le plan technique. Néanmoins par-delà les chiffres… Ce qui importe également c’est le ressenti du petrolhead auquel je cède la parole ici :

« 14h15, heure locale. Pour la troisième fois de la journée, je m’engage dans la file d’attente du paddock. Le soleil et le vent se serre enfin les coudes. L’humidité de la plage n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Ludo (le mécano du Team Anjou) me tient la péteuse. Juste au cas où ma machine me ferait un caprice. Il lit la piste, et me conseille de prendre sur la droite. Pour emmancher les traces laissées par le gonz au volant de sa Jaguar, quelques minutes plus tôt. Puis serrer au plus près les cellules sur le sable encore vierge, passé le drapeau du "Quarter Mile".

Le starter me fait signe ; j’avance et tends l’oreille… »

Track’s clear. Deep breath… And go for it.

« Je sens le poids des regards braqués sur moi. Tandis que le mien cherche Trevor ; des fois que la mécanique ferait des siennes et qu’il faille me porter assistance. Je me remplis les poumons d’air, abaisse ma visière… Et c’est parti !

Le démarrage est bon. Je me cale dans les marques de mon prédécesseur. Me fige sur la selle minimaliste. Serre les carters entre mes jambes à m’en faire péter les rotules. Et essore la poignée des gaz… Le temps de prendre position, j’aperçois déjà du coin de l’œil le premier fanion. Et avec lui, la portion de grève non encore déflorée que je convoitais.

A ce stade le compteur affiche 80 km/h ! Pour ne pas m’envoler – façon de parler ; j’ai conscience que cela reste une mob – je dois davantage réduire ma prise au vent. Sans perdre la piste de vue pour autant. Pas question de se boiter maintenant ! Je fonce vers la cellule du "Half Mile", tout en hurlant dans mon casque… »

Plus vite ! Plus vite ! Plus vite !

« Un impératif répété, et même assaisonné de quelques vulgarités bien pesées. Comme si cette diarrhée verbale pouvait me faire gagner quelques kilomètres-heure…

J’atteins finalement la ligne d’arrivée ; jubile. Je crois entrevoir un nombre commençant par neuf sur mon écran LCD ! Cependant ma vision est troublée par l’émotion. J’amorce le virage retour. Le moteur se coupe, encore… Neil (le commissaire de piste) me rejoint. Avant d’appeler Trevor en renfort pour me remorquer. Surtout, il me confirme que j’ai passé la barre des 55 mph. Not to bad for a 50 cc ; qu’il ajoute.

Et à présent… ? Il me faut d’abord recouvrer mes esprits, restés sur la plage de Pendine Sands. Reprendre le travail de mes sculptures en cours à l’atelier. Et dès que possible, bosser à nouveau sur cette machine pour l’amener au-delà des 60 mph ! En définitive, ce bon vieux Burt Munro avait raison : You live more five minutes on a bike like this, going flat out…‌ »

Than some people live in a lifetime.

A noter que vous pourrez approcher cette Motoconfort AU65 de compète, et son artiste de proprio, lors du prochain rasso de l’Amicale des Mécaniques Anciennes. Des fois que vous vous trouveriez dans les parages du parc de Touteville (95), le dimanche 28 juin… Je vous laisse avec ces belles photos (non sans préciser que l’on doit l’image à la une à Martin Stockton), rapportées d’une nation ayant le poireau pour emblème. Une anecdote aussi ironique, ça ne s’invente pas !

P.S.: Heureux de voir que Cyril a pu rouler avec son numéro fétiche (le 862). Les lecteurs de l’épisode 04 savent pourquoi. Les autres peuvent, s’ils le souhaitent, reprendre le récit depuis son point de départ.

Une Motoconfort taillée pour les records, e que s’apelerio… Kumiko.

A propos de Susokary :

Ch'timi né en 1978, et motard depuis le berceau qu'aura été le panier de mes vieux, j'ai commencé à rouler de mes propres roues en Honda QR 50, et chevauche aujourd'hui une Kawasaki W650 qui ne demande qu'à être customisée. Encore une "bratstyle à deux balles" ? Web monkey de métier, amateur de bière et passionné de moto, autrefois brasseur de "Chicks and beers", désormais au guidon de "Un pneu dans la tombe", j'apporte ma modeste pierre à l'édifice de quelques entreprises œuvrant dans l'univers motocycliste.

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1 commentaire

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  1. A propos de Yann Le Douche...

    Exceptionnel !
    Rêver sa vie ; vivre ses rêves.
    La taille du berlingot ne fait pas celle des cojones posées dessus pour un tel challenge.
    J’imagine que ces runs doivent être une expérience hors pair…
    Bravo d’avoir osé, et chapeau d’être allé au bout.

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