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Le tour du mont Blanc à Solex : retour à Chamonix.

Le tour du mont Blanc à Solex : retour à Chamonix.

Charles est parvenu à faire, pour ainsi dire d’une traite, le tour du mont Blanc à Solex ; un exploit dont je vous livre étape par étape le récit détaillé !

Le tour du mont Blanc à Solex : résumé d’un exploit.

Dans ce seizième (et accessoirement dernier) extrait de son compte-rendu complet, notre camarade nous décrit l’ultime étape l’ayant ramené à Chamonix (11 km / 30 m D+ / 450 m D-), durant son tour du mont Blanc à Solex, une portion dont il a failli ne pas voir la fin :

« Tiens, me voilà en panne d’essence ? Sans doute aurais-je dû vérifier le niveau dans le réservoir, avant d’abandonner un bidon sur le bord de la route… Le fait que je n’y ai pas pensé trahit mon état d’épuisement. Par chance, il me reste les 2,5 L de ma nourrice, lesquels auront parcouru 315 km avant de s’avérer utiles. Le moment est venu de les mettre à contribution !

Tout en redémarrant, je me répète inlassablement : reste concentré ; tu es fatigué ; il faut tenir jusqu’à l’arrivée ; tout peut encore mal tourner… Et justement, une grosse pierre s’invite sur le bord de la chaussée ! La remarquant au dernier moment, je manque de me ramasser en faisant soudainement un écart. Sans lâcher les gaz, je reprends : reste concentré ; tu es fatigué…

La suite se déroule sans accroc. Je passe la frontière Suisse ; me revoilà en France ! Fini le mode avion. Je réactive la 4G pour offrir des nouvelles à mes proches, après 07h00 de silence radio. Une durée que j’avais sous-estimée, et qui n’a pas manqué de nourrir leur inquiétude. J’essaie de mesurer le temps déjà passé sur la route, mais ne parviens plus à compter…

Finalement, j’aperçois le panneau Chamonix ! Et puis la place du Triangle de l’Amitié. Ca y est : la boucle est bouclée ; en 34h30. Je suis à la fois complètement vidé, et la proie d’une joie énorme, d’une envie de crier mon bonheur de vivre !

Cependant, seul, je me contente de sourire. Avant de m’écrouler à l’ombre d’un arbre, éreinté. Ce n’est qu’une demi heure plus tard que je me relève, pour engloutir une bière bien fraîche et une planche de charcuterie, sous un parasol en terrasse.

Puis je rejoins ma voiture, hisse mon Solex sur le porte-vélos, démarre pour pouvoir activer la clim’… Et tombe de fatigue sur les sièges arrière. Une sieste d’une heure s’impose manifestement, avant de me laisser reprendre la route. Cap sur la maison (non sans faire un détour par le col de la Forclaz pour y récupérer mon bidon caché au pied d’un arbre).

Je rentre avec la réponse à cette question que je me posais trois ans auparavant, en regardant l’UTMB : Oui ! Oui, un Solex peut affronter un tel parcours. Oui, cette mécanique connue de tous, et que l’on qualifie de simplissime, peut faire le tour du Mont Blanc. Oui, cet engin anémique, au demeurant robuste, peut relever ce défi extrême sans défaillir.

Tout ça avec moins d’un cheval ; je suis sacrément impressionné. Seuls les vapor locks – dus à l’architecture moteur, combinée à une plus grande volatilité de la Marline comparée au SP98 – m’auront réellement mis des bâtons dans les roues. Alors en chemin vers Lyon, je ressens déjà l’envie d’y retourner… C’est que j’entrevois des pistes d’amélioration !

Et si le moulin fonctionnait sans jamais couper ? Et si je réduisais mes pauses ? Et si je prenais le départ en pleine forme ? Oh m***e ; l’histoire n’a pas l’air d’être terminée ! Sachant maintenant que c’est faisable, il doit être possible de gagner du temps et de passer sous la barre des trente heures… Non ? Saurais-je aller plus vite que Kilian Jornet ?

Merci infiniment, Jean-François, pour ta confiance, pour avoir cru en ce projet fou. S’il n’y avait pas eu mon engagement vis à vis de Marline, aurais-je persisté malgré mes ennuis mécaniques ? Merci également à ma femme, notamment pour son fameux SMS. Anodin en apparence ; décisif en réalité. Sans son impact sur mon état d’esprit, probablement aurais-je jeté l’éponge…

Heureusement, cette aventure ne s’est pas arrêtée quelque part vers Saint-Gervais.
Grâce à vous. »

A propos de Susokary :

Ch'timi né en 1978, et motard depuis le berceau qu'aura été le panier de mes vieux, j'ai commencé à rouler de mes propres roues en Honda QR 50, et chevauche aujourd'hui une Kawasaki W650 qui ne demande qu'à être customisée. Encore une "bratstyle à deux balles" ? Web monkey de métier, amateur de bière et passionné de moto, autrefois brasseur de "Chicks and beers", désormais au guidon de "Un pneu dans la tombe", j'apporte ma modeste pierre à l'édifice de quelques entreprises œuvrant dans l'univers motocycliste.

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