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Degrave Motocycles : le perfectionnisme a un nom !

Degrave Motocycles : le perfectionnisme a un nom !

Et son prénom c’est Régis ; lui qui a acquis la réputation de fignoler comme personne la restauration des bécanes confiées à son atelier Degrave Motocycles…

Lorsqu’il a eu vent de cette virée dans l’Est de la France que l’on prévoyait au début de l’été, Régis nous a proposé de saisir l’occase pour le rencontrer dans son atelier. On ne s’est pas fait prier ! Jusque-là j’admirais ses réalisations couchées sur papier glacé, ou par réseaux sociaux interposés. Mais enfin nous allions découvrir l’enseigne Degrave Motocycles, en vrai.

Le moment venu de remonter vers les Ardennes, nous nous sommes donc arrêtés dans un charmant village à quelques kilomètres de Strasbourg. Notre camarade est installé là avec femme et enfants, depuis une dizaine d’années maintenant. On comprend qu’il ait pu avoir un coup de cœur pour ce bien atypique, qui lui offre à la fois une maison familiale et un local adapté à son activité.

« Ici j’ai la place d’étaler ma visserie d’origine rezinguée, et mes outils JIS (« Japanese Industrial Standard ») qui évitent de foirer les têtes cruciformes des engins nippons. »

Quel chemin emprunte-t-on pour arriver là ? Pour lui ça a sans doute commencé au guidon d’une Peugeot 104 bleue version « luxe », au collège, brêlons qu’il a lui-même retapé sous l’œil avisé de son vieux. Alors indifférent aux loisirs en vogue chez les jeunes gens de son âge, il plonge dans l’univers des autos thermiques radio-commandées, et fait ainsi ses armes en mécanique.

Un lustre plus tard il prépare le BTS MCI (« Moteurs à Combustion Interne »). Et c’est une Honda CB 450 de 1973 qu’il enfourche à ce moment-là, quand il décroche un stage en Savoie. Sa première moto ancienne peut sans problème traverser l’Hexagone, avaler les quelques 700 bornes à parcourir depuis Arras : elle est bichonnée par un authentique passionné qui acquiert progressivement ses galons.

« Diplôme en poche, j’ai consacré une décennie de ma vie à la mise au point de moulins chez des constructeurs comme Renault, PSA, mais aussi Kawasaki. »

Les projets professionnels auxquels il contribue lui permettent de voyager, de l’Andalousie au cercle polaire. Tandis que ceux auxquels il consacre son temps libre le conduisent aux Coupes Moto Légende, d’abord à Montlhéry puis à Dijon-Prenois. Sur place, le succès couronne ses préparations, les amateurs éclairés ne manquent pas de saluer l’exceptionnelle qualité de son travail.

Remarqué, il achève de se faire un blase en fondant, donc, son entreprise Degrave Motocycles. Et dès lors ne cesse de grossir le rang des clients lui confiant leurs vieilles meules pour les ressusciter, tandis que lui est pleinement confiant dans le résultat qu’il pourra obtenir, même en repartant parfois de caisses contenant les éléments d’un puzzle rouillé.

« Quand tu veilles à remettre en état chaque pièce avec la minutie qui est la mienne, tu n’es pas inquiet de savoir si tout fonctionnera bien au remontage. »

Ainsi, plutôt que de rechercher des artisans capables de répondre à son niveau d’exigence, il a préféré apprendre à gérer un max par lui-même. Du sablage au polissage, de la confection de câbles au rayonnage de jantes, de la soudure de la partie cycle à la peinture de la partie mécanique… Il conserve chacune de ces étapes sous son contrôle, et non seulement le reconditionnement des moulbifs.

Ne pas sous-traiter pour limiter les risques, ça se tient. Mais cela requiert aussi un investissement, une détermination hors norme, que de se faire les dents sur autant de métiers pour rester autonome. Tout ça nous amène à cette requête qu’on ne peut clairement pas soumettre à Régis : faire le boulot à moitié. Il ne rend pas les motos à peu près présentables, il les restitue absolument impeccables !

« Outre la maîtrise de l’issue, du coût, des délais… Internaliser est un moyen de satisfaire ma curiosité. Je n’aime rien tant que comprendre comment les choses se font. Et je ne m’épanouis jamais autant qu’en bossant sur les machines de mes clients comme s’il s’agissait des miennes. Quand on a les outils et le savoir-faire requis, je ne conçois simplement pas qu’on puisse faire autrement que de remettre à neuf.

De plus j’adore le côté pluridisciplinaire de mon métier. Au delà du moteur, il s’agit de restaurer également les matériaux. Par conséquent je peux désoxyder les métaux, par bain, sablage ou microbillage, et puis les brosser ou les polir. Je peux traiter les plastiques, et redonner au skaï terni d’une selle d’origine par exemple son brillant et sa souplesse.

Je peux rattraper les cabochons rayés, voir en thermoformer de nouveaux lorsqu’ils deviennent introuvables. Je peux procéder à des recharges par soudure ou brasure, opérer des usinages basiques au tour, reproduire des caoutchoucs hors d’usage… Comme évidemment refaire un faisceau électrique complet, ou encore retrouver l’aspect d’une peinture d’autrefois.

Je m’éclate en découvrant le fonctionnement d’un compteur, d’un allumage, d’une distribution, d’une boite de vitesses… Et en passant d’une marque à l’autre pour être confronté à des solutions différentes. Voilà qui ouvre l’esprit, et amène à mesurer le jus de cervelle mis en œuvre par les ingénieurs de l’époque, avec les idées de certains qui sont devenues par la suite des concepts mainstream.

Je dois ajouter que je n’ai rien d’un monomaniaque. Je me suis un temps intéressé à la biologie, à la science du vivant. Et cette approche ne m’a pas quitté : à mes yeux une bécane est un cheval mécanique qui respire et doit être nourri. Actuellement je tâche de réparer une cafetière, de fabriquer un meuble en bois, de saisir l’avantage du profil d’une certaine aile d’avion…

Voilà le genre de sujets qui retiennent mon attention. Et en dépit des aléas que cela implique, je réalise la chance que j’ai de vivre d’un travail manuel qui se trouve être ma passion. »

Je doute que mes photos puissent refléter fidèlement l’implication et le soin de notre camarade ; je ne les estime pas au niveau des fruits de sa démarche. Mais si elles peuvent toutefois contribuer à la notoriété de son activité, et à votre envie de suivre celle-ci de plus près, alors de mon côté j’aurai le sentiment d’une mission relativement accomplie. Bon visionnage…

A propos de Susokary :

Ch'timi né en 1978, et motard depuis le berceau qu'aura été le panier de mes vieux, j'ai commencé à rouler de mes propres roues en Honda QR 50, et chevauche aujourd'hui une Kawasaki W650 qui ne demande qu'à être customisée. Encore une "bratstyle à deux balles" ? Web monkey de métier, amateur de bière et passionné de moto, autrefois brasseur de "Chicks and beers", désormais au guidon de "Un pneu dans la tombe", j'apporte ma modeste pierre à l'édifice de quelques entreprises œuvrant dans l'univers motocycliste.

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3 commentaires

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  1. A propos de David Vollborth...

    Magnifique.
    Des marques que je n’ai pas vues depuis des années : Ossa, Kreidler…
    Du beau travail.
    Suis pas fan de BM, mais les images parlent d’elles-mêmes ; le mec touche.
    J’adore le schéma de fonctionnement Bosch sur le mur.
    Et le café racer Harley, je la veux !
    Merci pour ce « eye candy » qui a illuminé une journée plutôt maussade.

  2. A propos de Marchal...

    Bel endroit, plein les yeux.
    Régis, un passionné, un perfectionniste.
    Ses motos, son travail, un court instant passé avec lui…
    Toute une vie vous vous souviendrez.

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