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Souvenirs (radieux) du Massif des Vosges...

Souvenirs (radieux) du Massif des Vosges…

Pour notre seconde excursion à deux motos, comme nous l’envisagions au retour de la première, nous avons cette fois mis le cap à l’est vers le Massif des Vosges.

L’an dernier, la météo était venue compliquer notre virée en Baie de Somme. Cette année, une méchante panne s’est invitée au départ de notre voyage à destination du Massif des Vosges. Toutefois, à quelque chose malheur est bon, non ?

Jour un : l’infortune désolante.

Tout était prêt. Les bagages sanglés, l’itinéraire noté, les équipements enfilés, le garage fermé… Mais elle n’a pas voulu démarrer. Sur l’instant on a souri : l’autre coup c’était simplement le moment de passer en réserve. Néanmoins celui-ci tourner le robinet n’a rien arrangé. De l’essence, il y en avait pourtant, jusque dans les cuves apparemment. Cependant rien pour y foutre le feu ? Bingo ! Bien que fraîchement remplacées, les bougies ne montraient aucun signe de vie. Par conséquent on a vérifié deux fois ce qu’on pouvait voir du faisceau ; en vain.

Quand midi sonna on avait déjà deux plombes de retard, et plus d’idées en stock. J’ai du me résoudre à appeler au secours. Et comme un ange tombé du ciel, Charles a débarqué avec son camtar et ses outils peu après le déjeuner. En nage de kicker sous l’écrasante chaleur qu’il faisait, j’avais passablement fatigué la batterie. Alors il a commencé par la brancher sur son chargeur de compète pour qu’elle nous balance son meilleur ampérage. Un quart d’heure plus tard, multimètre en main, il prenait le pouls de mon engin partout où du jus est censé passer…

L’horloge tournait, et le post-it sur le réservoir commençait à perdre de son sens. C’est que le soir nous étions attendus du côté d’Orval ! Soupçonnant la bobine d’être la cause de mon malheur, notre camarade a finalement chargé ma W pour l’emmener à son atelier, par chance à seulement cinq cents mètres de là. Sur place, des bobines a priori compatibles lui permettraient de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse. Mais le temps d’avaler un goûter le verdict est tombé : ça ne pouvait être que le capteur de point mort haut.

Pas le temps de chialer ; je l’ai chaleureusement remercié pour le mal qu’il s’était donné, et sa précieuse disponibilité. On a claqué nos trop nombreuses sacoches dans ma caisse dont Béné a préféré prendre le volant, alors j’ai moi-même enfourché sa Continental GT. C’est que, finalement à la bourre de quasi huit heures, il a fallu, la mort dans l’âme, se résoudre à prendre l’autobeurk jusqu’au delà de Charleroi. Les vacances démarraient mal… Le programme du premier jour se trouvait méchamment amputé, et nous n’avions plus qu’une bécane.

Toutefois, au guidon de cette espèce de cafra de série décidément charmant, en m’engouffrant dans les Ardennes tandis que la lumière déclinait doucement, j’avais quand même la banane. La banane, et une idée derrière la tête !

Jour deux : l’espérance naissante.

Tout juste posés avec une bière, je lançais une bouteille à la mer. Après tout, il devait bien y avoir, là où on se rendait, des mecs susceptibles de louer un oignon au taulier de UPDLT… Comme je le supposais, d’adorables propositions ont commencé à arriver. Et le lendemain au petit déjeuner, j’en remarquais une qui avait l’allure d’une solution. Non seulement « Arny » se trouvait dans le secteur de notre destination, mais en plus il avait sous le coude une raisonnable et polyvalente 600 Diversion, et son 06 apparaissait d’emblée sous mon appel de détresse.

De ce fait après avoir visité la très belle abbaye du coin (laquelle brasse une merveilleuse binouze que vous auriez tort de ne pas connaître), j’ai rapidement appelé notre camarade, et immédiatement un rendez-vous le soir même était fixé. Miracle ? Quoi qu’il en soit, c’est remplis d’espoir que nous avons repris le chemin d’Epinal, et les bagages à peine abandonnés dans notre b&b, poursuivi jusqu’à Vagney à une demi-heure de là. Comme convenu plus tôt, Nono y était redescendu avec son side-car pour nous attendre devant son bouclard : Mil’cycles.

Dans cet atelier, entre deux quads, une tondeuse et trois vélos, son péché mignon c’est de trafiquer de modestes Suzuki GSX. Lui-même conduit notamment une adorable 400 cafe-racer bien dans son jus. Sur le parking, dans la lueur de son antre, il n’était pas seul : son pote Ben lui tenait compagnie. Très vite la conversation s’engage, le courant passe, et une chose en entraînant une autre, nos nouveaux potes se proposent de nous faire découvrir la fameuse route des Crêtes que l’on avait prévu d’emprunter dès que possible.

Dire que mon amour (qui a pris la majorité des photos souvenirs ici présentes) s’en voulait d’avoir oublié chez elle le guide qu’on lui avait passé… Mais voilà qu’on en avait deux, des guides ! Et puis des vrais, de chair et d’os, avec un gros cœur en dedans ; pas un ersatz en papier glacé. Bref, les choses semblaient vouloir faire mieux que s’arranger.

Jour trois : l’escapade réconfortante.

Après une nuit d’un sommeil qui ne s’est pas fait désirer, nous étions donc de retour, Béné sur sa Royal Enfield, moi sur ma Yamaha d’emprunt, tandis qu’un troisième compère aussi sympa que les deux premiers nous accueillait : Ludo. Le temps était magnifique. La journée ne faisait que commencer, mais déjà nous avions acquis la conviction qu’elle serait excellente. Et effectivement, du col de la Schlucht aux Ballons des Vosges, en passant par cette auberge qui servait des fromages et des charcuteries comme rarement j’ai goûtés, quel coin !

Ah, s’il n’y avait pas eu cette canicule de fin du monde, et ces nombreux virages sans parapets, peut-être aurais-je accepté la gnôle maison dont l’imposant patron souhaitait nous gratifier… Une autre fois : car c’est sûr, on reviendra. Et même que la prochaine on créchera si possible carrément chez Nono. Avec un peu de bol, Ben pourra encore nous faire profiter de ses anecdotes sur les environs, et Ludo débarquer avec sa bonne humeur. La générosité semble être une spécialité du coin, au même titre que la tarte aux brimbelles ; ou alors on est particulièrement bien tombés.

Comme si les virolos, les paysages, les bois, les lacs, la bouffe… Ne suffisaient pas à nous séduire, il a fallu que le côté humain s’ajoute comme du vinaigre sur les frites (entendez comme un enchantement pour des gens de chez nous). Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et parce qu’ils avaient à faire le lendemain, le moment vint de dire au revoir à nos camarades ; non sans avoir dépanné avant la 450 du groupe qui nous a fait un petit caprice. N’avais-je pas raison, à défaut de pouvoir prendre ma bécane, d’emporter sa trousse à outils ?

Jour quatre : la trombe vivifiante.

Le jeudi, c’est donc seuls que nous sommes partis à la recherche de la grande cascade du Tendon, en empruntant autant que possible des routes à l’abri sous la frondaison. Mais même sur ce réseau routier très secondaire baigné d’ombre, les cuirs restaient difficilement supportables ; c’est pourquoi la fraîcheur de cette chute d’eau fut particulièrement appréciable.

Jour cinq : la quête déroutante.

Le soir suivant nous étions attendus à Strasbourg pour l’apéro. L’occase se présentait de rencontrer, enfin, des copains de l’Est que l’on ne fréquente habituellement que via les réseaux sociaux. Mais en chemin nous avions un objectif à l’esprit : profiter de ce trajet pour découvrir et immortaliser la maison du Spitzberg, nichée en pleine forêt domaniale de Dabo. A l’abandon il n’y a pas si longtemps, cet impérial pavillon de chasse menaçait de s’effondrer. Mais Vincent et sa bande de potes ont pris soin de le ressusciter au prix de grands efforts, et en faisant preuve du meilleur goût.

Malheureusement l’endroit se mérite, et notre camarade n’a pas pu se libérer pour nous y conduire. Alors, comme les locaux sont semble-t-il aussi ignorants que notre GPS, on s’est paumés. Les chemins interdits à la circulation que l’on a fini par emprunter n’en finissaient pas, et c’est presque un miracle que l’on ne se soit pas gamellés sur cette espèce de piste cahoteuse avec la GT. Le tout, à bécane, c’est de laisser la roue avant travailler, d’éviter les branches, les trous, les fossés… Et de ne surtout pas chercher à s’arrêter ! A moins évidemment de tomber nez à nez avec un garde forestier.

Je comprends pourquoi, le gros de la troupe des restaurateurs bénévoles de cette bâtisse se balade en 4×4 du siècle dernier ! Sans regrets, toutefois, car la route qui nous a menés là (et qui servît autrefois de spéciale au Dark Dog Tour) valait bien son millimètre de plaquettes de freins. Amis alsaços-lorrains, si vous ne fréquentez pas déjà le secteur vous passez à côté de quelque chose.

Cependant, le temps d’échapper à ce labyrinthe de chênes, de hêtres et de sapins, les copains place d’Austerlitz avaient déjà une bière d’avance sur votre serviteur et sa compagne. Ordoncque, une fois de plus à la bourre, il a fallu reporter après le repas la visite de la boutique de Bob (artisan joaillier de son état), qui nous offrait l’hospitalité cette nuit-là.

Jour six : l’incursion éblouissante.

Le week-end démarrait, et subséquemment sonnait l’heure de remonter. Néanmoins une ultime visite programmée à la dernière minute nous évitait de penser prématurément au bureau. La veille on avait sciemment abandonné ma caisse à proximité du portail de Régis, avec l’idée de débarquer le samedi dans son atelier Degrave Motocycles, pour y tailler le bout de gras et prendre quelques photos.

Est-ce que je vous montrerai tout ça bientôt ? Cela va sans dire. D’ailleurs, si la lecture de ce papier vous a laissé sur votre faim, je vous suggère de le parcourir à nouveau dans quelques semaines. Il devrait alors contenir une poignée de liens supplémentaires, menant à des contenus que j’ose, nonobstant ma modestie, vous annoncer intéressants.

En attendant, j’adresse un grand V motard à tous ces copains qui ont contribué à rendre ce séjour si agréable, si plaisant, au point de me consoler de savoir ma Kawa en rade à Tourcoing. Un problème qui n’est d’ailleurs plus d’actualité au moment où j’écris ces lignes, grâce à Charles qui en mon absence a pris soin de me dépanner de façon aussi consciencieuse que pragmatique. J’ai personnellement déniché ma nouvelle crèmerie, vous l’aurez deviné. Et de cette autre enseigne en cours de création j’ai bien entendu l’intention de vous reparler.

A suivre…

A propos de Susokary :

Ch'timi né en 1978, et motard depuis le berceau qu'aura été le panier de mes vieux, j'ai commencé à rouler de mes propres roues en Honda QR 50, et chevauche aujourd'hui une Kawasaki W650 qui ne demande qu'à être customisée. Encore une "bratstyle à deux balles" ? Web monkey de métier, amateur de bière et passionné de moto, autrefois brasseur de "Chicks and beers", désormais au guidon de "Un pneu dans la tombe", j'apporte ma modeste pierre à l'édifice de quelques entreprises œuvrant dans l'univers motocycliste.

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